Le manga : une histoire japonaise, une fascination française

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L’association des Amies de Langue Française a le plaisir de vous convier à une conférence donnée par Jean-Marie Bouissou, le jeudi 5 avril à 10h à la Maison Franco-Japonaise à Ebisu.

Le conférencier : Jean-Marie Bouissou

Jean-Marie Bouissou est ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm (1969), agrégé d’histoire et japonologue, ancien pensionnaire de la Maison Franco-Japonaise, directeur de recherche à Sciences Po depuis 1990, qu’il représente au Japon. Et aussi un passionné de manga. Il a créé un cours sur ce sujet à Sciences Po, et collaboré à une exposition sur ce thème au Musée Guimet. Il a notamment écrit « Manga. Histoire et univers de la bande dessinée japonaise ».

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Le manga : une histoire japonaise, une fascination française

Jean-Marie Bouissou nous explique l’importance du manga dans la culture japonaise, et pourquoi ce style est si fascinant pour les français.

“Au Japon, à son apogée, le manga a représenté jusqu’à un tiers du marché de l’édition, et son chiffre d’affaires représentait l’équivalent de six milliards de dollars par an.

Le manga est bien plus qu’un simple divertissement. C’est un marqueur d’identité pour toute la génération des Japonais d’après-guerre. Il est intimement lié à l’histoire du Japon contemporain, à commencer par le traumatisme refondateur de la défaite de 1945, du feu nucléaire sur Hiroshima et Nagasaki, et de l’occupation américaine. Le manga a beaucoup aidé les Japonais à exprimer ce traumatisme collectif indicible sous forme de fiction, et ainsi à donner du (ou plutôt : des) sens positif(s) à ce cataclysme historique.

Loin d’être le produit d’une quelconque « sous culture », le manga s’enracine dans les cultures d’Edo (v. 1600-1868), tant celle des samurais que celle du petit peuple, et au-delà, dans le fond culturel Shintô et toutes les traditions populaires (kami, yôkai, etc) que la modernisation n’a pas réussi à détruire. Il combine à l’infini les multiples composantes de la culture japonaise, des plus traditionnelles aux plus contemporaines.

Le manga est bien plus que ce 9ème Art que la BD française prétend être. Il y en a pour tous les goûts, pour tous les âges – seniors compris – et pour tous les « genres ». Du manga pour les fans de sport, de gastronomie, d’œnologie, d’agriculture… C’est un outil d’information à part entière, y compris sur les choses de la vie à l’usage des adolescents, et un reflet en temps presque réel  des évolutions de la société et des mentalités au Japon. Il aborde sans interdit les choses de la vie, mais il est riche de spécificités graphiques et narratives qui ont parfois dérouté les lecteurs étrangers, et d’univers réels ou imaginaires dont les codes et la morale leur étaient… étrangers. Cela ne l’a pas empêché de faire l’objet d’une véritable fascination en France – où il a représenté jusqu’à 40% des ventes de bande dessinée, et où la Japan Expo à Paris a attiré en 2016 près de 250 000 fans.”

Comment participer ?

Cette conférence est ouverte à tous, sur inscription auprès de musees.alf@gmail.com (préciser nom, prénom, et numéro de téléphone). La participation est de 1000 yens.

Article réalisé en collaboration avec Sonia Brener des ALF et le concours de Jean-Marie Bouissou.

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